AFCO Communication
 
L'institut AFCO
 
 
Forum AFCO
 
 
Actualités AFCO
 
 
Me contacter
 
 
Billets d'humeur
 
 
La boutique AFCO
   
 
Institut de Formation
et de Communication
Retour à l'accueil
ATELIERS SOPHROLOGIE
 
  Les actualités AFCO
 
Article paru dans l'édition du 9 novembre 2004.
« Duper l’opinion publique et plier les autorités aux intérêts des grands groupes industriels est un métier », et pas des moindres puisqu’à Bruxelles, patrie des lobbies, comme nous le rappellent John Stauber, Sheldon Rampton et Roger Lenglet (1), il y a près de 10 000 lobbyistes pour 626 députés européens. Autant dire, l’une des plus belles opérations de captation, voire de confiscation, de prise de décision politique. On n’est pas encore dans le déni de démocratie, mais l’on est certainement dans le déni de démocratisation de la décision. Qui décide ? Qui gouverne ? Qui manipule ? Il serait temps de lever le voile sur les pratiques modernes du politique.
L’anglicisme « lobbying » vient du terme anglais « lobby », littéralement « couloir ». L’expression a été héritée « du nom d’une antichambre du Parlement britannique où les députés venaient voter ». Depuis, il renvoie à une « activité privée de la transparence du libre débat public », le couloir dont il est question n’étant pas uniquement un « endroit entre deux portes où l’on tente d’approcher un élu quand il sort de son bureau », mais aussi « le symbole du lieu subreptice, du moment qui n’a rien d’officiel ». Ce n’est donc pas un simple pouvoir de pression, mais un pouvoir « discret, clandestin » dont on ne connaît les voies et l’impact que confusément. Les lobbies ont compris qu’il n’y avait plus de souveraineté (de l’État) exclusive et que peser sur le pouvoir politique c’était maîtriser les « trafics d’influence ».
Nos trois auteurs jettent donc la lumière sur les « méthodes de persuasion et de neutralisation » des opinions. Pour mieux gouverner - une démocratie étant naturellement désordonnée -, le but est de « fabriquer du consentement » ou encore de créer une « démocratie synthétique », soit une majorité « favorable » à « un » point de vue. Mais le cynisme des lobbies ne s’arrête pas là : pour diriger, mieux vaut l’impunité, et l’impunité non parlementaire a nécessairement besoin de procédures spécifiques, telles que celles liées au secret et au mensonge. Stauber, Rampton et Lenglet nous dressent un premier inventaire, aux États-Unis comme en France, des tentatives de tromperie des citoyens. Quelques exemples concernant les questions liées à la pollution : pour masquer ce que l’on fait, il y a différentes techniques, comme celle du « recours croissant à des entreprises sous-traitantes et à une main-d’oeuvre temporaire pour intervenir dans les centrales et sur les sites de stockage des déchets ». Externaliser les risques est le nouvel exercice de « dissimulation de l’impact sanitaire du travail » : rappelons juste que la « Cogema externalise 80 % de ses risques » ; or, l’on sait très bien que ce type de main-d’oeuvre, mal formé à la sécurité, est généralement mal suivi par les médecins du travail et que sachant « la diversité de leurs expositions aux contaminants cancérigènes », il n’est pas possible de retrouver « l’origine des pathologies ». Corinne Lepage, ancien ministre de l’Environnement, rappelait à ce propos : « Alors que la France est le premier pays nucléarisé, l’État français impose jusqu’à ce jour le secret le plus absolu sur la question épidémiologique. » Et rien ne semble arrêter l’affinement des « stratégies de masquage des maladies professionnelles liées aux activités industrielles les plus dangereuses ».
Parfois, il suffit juste de changer de nom pour accélérer les « processus d’oubli » et réactualiser l’image inconsciente que l’on se fait d’une entreprise ; parfois simplement de se « cacher » derrière lui. Qui devinerait que la « Fédération des milieux aquatiques » est en réalité une agence de lobbying de l’industrie des eaux d’égout et autres boues d’épuration ?
Stauber, Rampton et Lenglet n’oublient pas de nous rappeler que « la plupart des clients importants du lobbying à Washington sont des gouvernements qui violent les droits de l’homme : Taïwan, Corée du Sud, Pakistan, Mexique et Arabie saoudite ». En effet, ce sont les « dictateurs » qui ont souvent besoin « d’attachés de presse » efficaces. Une petite digression historique souligne même qu’en 1933 les nazis avaient engagé l’agence d’Ivy Lee, « le pionnier américain des relations publiques » , pour qu’elle lance « une campagne énergique pour éclairer les Américains », ayant pour but de soutenir le géant allemand de la chimie IG Farben, dans ses « activités e propagande, de renseignement et d’espionnage, indispensables pour la préparation et la conduite d’une guerre d’agression par l’Allemagne ».
À quand un lobby des lobbies ?
(1) L’Industrie du mensonge : lobbying, communication, publicités et médias. De John Stauber, Sheldon Rampton, préfacé et complété par Roger Lenglet, traduit de l’anglais
par Yves Coleman. Éditions Agone, 2004.
* Rectificatif. Une erreur s’est glissée dans la dernière « Chronique » de Cynthia Fleury : Mikhaïl Lépekhine n’est pas le faussaire des Protocoles des sages de Sion, mais l’historien russe qui a prouvé que c’était un faux, à partir de nouvelles archives trouvées en Russie en 1999.
AFCO
53 rue du Faubourg Bonnefoy B12 - 31500 Toulouse
Tél. : ........ 05 61 11 22 22
Portable : 06 08 74 39 50
Email : contact@afco-communication.com

N° d’enregistrement : 73 31 05176 31 (comme organisme de formation Professionnelle continue)
Organisme de formation exonéré de la TVA
retour